LA MEDECINE ET SON LANGAGE AU XVIIe s.

© Nadia Pla

Ce cours est inspiré d'un article de H.-J. TURIER, « Le langage médical : d'Hippocrate à Diafoirus », paru dans la revue « Défense de la langue française » n°152 (mars-avril 1990).

 

 

Ce cours donne quelques pistes intéressantes à exploiter dans le cadre d'une étude du Malade imaginaire de Molière.

NB : il s'agit de notes brutes, à l'usage du professeur. Pour une exploitation en classe, on peut imaginer un questionnaire, des recherches à faire au CDI, un petit texte à écrire, etc.

 


 

De l'Antiquité au XVIIe s. en Occident, il y a beaucoup plus de théorie que de pratique dans l'enseignement de la médecine. Le latin est obligatoire, les futurs médecins apprennent à bien parler et à raisonner. Toute la médecine se fonde alors sur une conceptiion particulière du corps humain, la "théorie des 4 humeurs".

 

1. La conception du corps humain

- 4 humeurs (liées chacune à un des quatre éléments et à une alliance de deux des quatre états)
- « bile rouge » ou « sang » (feu, chaud et sec)
- « bile jaune » ou « bile » ou « fiel » ou « colère » ou « cholère » (air, chaud et humide)
- « bile blanche » ou « flegme » ou « lymphe » (eau, humide et froid)
- « bile noire » ou « atrabile » ou « mélancolie » (terre, froid et sec)

 

 

2. L'origine des maladies

- santé = équilibre entre ces quatre humeurs

- maladie = l'une est en trop grande quantité

 

3. Comment guérir les maladies

- faire sortir les humeurs qui sont en trop :
- saigner
- purger (avaler un produit qui fait aller plus vite aux toilettes)
- faire un lavement / un clystère (introduire de l'eau par derrière)
 
 
4. L'unité du corps et de l'âme : l'influence des humeurs sur la psychologie

On pense que chaque individu a une de ces humeurs qui domine et qui détermine son caractère

- sanguin : avide, qui a des désirs
- cholérique : emporté, qui s'énerve facilement
- flegmatique : paresseux, passif
- atrabilaire : triste, pessimiste

 

 

L'héritage de cette théorie dans le langage courant actuel

Les mots et expressions courants issus de cette théorie :

 

= humeur, être de bonne, de mauvaise humeur, humour (< bonne humeur, disposition à la plaisanterie ; < anglais)

= tempérament, caractère bien trempé (« tremper » = « tempérer » < temperare : mélanger)

 

- se faire du mauvais sang, se faire un sang d'encre, il a le sang qui s'échauffe, mon sang se glace, mon sang n'a fait qu'un tour

- bilieux, se faire de la bile, une remarque pleine de fiel, une plume trempée dans du fiel, « Au fond de cette coupe où je buvais le fiel, / Peut-être restait-il une goutte de miel ? » (Lamartine), colère, (choléra)

- flegmatique, flemmard

- humeur noire, voir la vie en noir, mélancolie, spleen (splènos, la rate)

 



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