Introduction historique

 

 

 

1. L'organisation de l'armée française pendant la guerre de 1914-1918

- La division est constituée de différents corps d'armée, parmi lesquels, en ce qui concerne l'infanterie, des brigades.
- La brigade est constituée de 3 régiments d'infanterie.
- Il y a 173 régiments d'infanterie de l'armée française en 1914 (en réalité, on en trouve le double car ils ont été dédoublés en régiments de réserve (n°1 à 173) et régiments d'active (n°200 à 373)).
- Le régiment d'infanterie (3000 à 4000 hommes) est constitué de 3 ou 4 bataillons.
- Le bataillon (environ 1000 hommes) est constitué de 4 compagnies.
- La compagnie (environ 250 hommes) est constituée de 4 sections.
- La section (environ 60 hommes) est constituée de 4 escouades.
- L'escouade comprend environ 15 hommes.

Gaston Nitzer appartenait à la 57e division (celle de Belfort), 114e brigade, 372e régiment d'infanterie. Son affectation dans les compagnies varie (il en parle dans le journal). Quant aux effectifs des sections et des escouades, il semble qu'ils étaient en permanence remodelés, comme en témoignent les tableaux faits par Gaston Nitzer lui-même dont j'ai mis deux exemplaires en annexe. La raison en est malheureusement facile à comprendre : les blessés et les morts lors d'une bataille pouvaient réduire à néant les effectifs d'une escouade . . .

Toute cette 57e division (comprenant 6 régiments d'infanterie, les 235e RI, 242e RI et 260e RI dans la 113e brigade, et les 244e RI, 371e RI et 372e RI dans la 114e) suivra le même chemin, en Alsace en 1914-1915 puis en Orient (dans les Balkans) de 1915 à la fin de la guerre (Gaston Nitzer, lui, revient en France en 1917, évacué, et change ensuite de régiment).

 

 

2. La campagne d'Alsace 1914-1915

En 1914, les Vosges forment la frontière entre la France et l'Allemagne.

En août 1914, les troupes françaises lancent quelques offensives, puis se replient à la fin du mois. La guerre de tranchées s'installe pendant l'automne.

Quelques accrochages en décembre 1914 précèdent une offensive allemande massive en janvier 1915. C'est le début d'une longue série de batailles meurtrières et vaines, les deux armées faisant avancer la frontière, un jour d'un côté, le lendemain de l'autre.

Les choses en sont là quand Gaston Nitzer quitte l'Alsace en octobre 1915 et continueront à ce rythme jusqu'en février 1916, date où le point stratégique de la guerre sur le territoire français se déplace à Verdun.

Gaston Nitzer y reviendra fin août 1918 jusqu'à la fin de la guerre quelques mois plus tard.

 

 

3. La campagne d'Orient 1915-1917

 

a) Les guerres balkaniques au début du siècle

En 1908, l'Autriche-Hongrie et la Russie s'accordent pour pénétrer les Balkans, alors sous la domination turque de l'Empire Ottoman (sauf la Serbie et le Monténégro, qui avaient acquis leur indépendance en 1878). De nouveaux pays émergent : la Bosnie, annexée par l'Autriche-Hongrie et la Bulgarie (quant à la Serbie, elle est protégée par la Russie). Puis, en 1912, c'est l'Albanie qui prend son indépendance.

1912 : première guerre balkanique. L'Empire Ottoman échoue face à une coalition de la Serbie, la Bulgarie, la Grèce, le Monténégro et la Roumanie. Les Grecs s'emparent de Salonique (actuelle Thessalonique) et la Macédoine est libérée du joug ottoman.

1913 : deuxième guerre balkanique. Elle oppose les mêmes belligérants, sauf que cette fois-ci, c'est la Bulgarie qui est seule contre tous et c'est l'Empire Ottoman qui se joint aux autres. L'enjeu de cette guerre est le partage de la Macédoine, qui n'a donc pas eu le temps d'être indépendante. Finalement, elle est partagée entre la Grèce, la Serbie, le Monténégro et la Bulgarie (cf. la carte)

 

b) Les forces en présence en 1914

Allemagne

Autriche-Hongrie

Turquie (Empire Ottoman)

Bulgarie

France + Angleterre + Italie

Russie

Serbie

Grèce + Roumanie : neutres

 

b) L'intervention des pays occidentaux

En 1915, les Français et les Anglais décident d'ouvrir un front en Orient. Ils mènent une première offensive à Gallipoli, presqu'île du continent européen qui appartenait à l'Empire Ottoman, dans le détroit des Dardanelles. C'est un échec.

Ils décident ensuite de débarquer à Salonique (ce qui est d'autant plus maladroit que la Grèce est neutre !) pour aller soutenir la Serbie contre la Bulgarie. Celle-ci vient en effet d'envahir la partie serbe de la Macédoine et s'en prend bientôt à la Serbie elle-même.

Cliquez sur la carte pour en voir un agrandissement.

Des cartes complètes de la région à cette époque (autour de 1910) sont disponibles à cette adresse : http://lazarus.elte.hu/hun/digkonyv/topo/3felmeres.htm

 

En octobre 1915, la Serbie doit faire face à une attaque conjointe des Allemands, de l'Autriche-Hongrie et des Bulgares. Le corps expéditionnaire français (arrivé à Salonique au milieu du mois) tente de leur porter secours en novembre en remontant la vallée du Vardar, mais c'est trop tard : les Bulgares prennent Monastir et l'armée serbe doit se replier en Albanie.

Quant aux Français et aux Anglais, ils n'ont plus rien à faire dans la région. Toutefois, ils restent à Salonique, pour dissuader la Grèce et la Roumanie, neutres, d'entrer en guerre aux côtés de l'Allemagne et de la Turquie. De décembre 1915 à l'été 1916, la longue attente des Français dans les camps de Zeitenlick ou de Kjorzine, aux portes de Salonique, n'est interrompue que par un zeppelin allemand qui vient lâcher des bombes sur la ville dans la nuit du 31 janvier et par quelques incursions dans la région au printemps.

En juillet 1916, les Bulgares s'emparent de Florina. Les Français repartent en guerre et reprennent cette ville le 18 septembre puis, dans la foulée, Monastir le 19 novembre (où ils sont rejoints par l'armée serbe). Les Alliés (Français, Anglais, Italiens, Russes et Serbes, qui ont tous fait leur jonction) restent dans la région pour maintenir leurs positions.

Gaston Nitzer, malade, est évacué en mars 1917.

 

 

4. La dernière année de guerre pour Gaston Nitzer : retour au front occidental

 

Pour Gaston Nitzer, le reste de l'année 1917 est consacré à la convalescence, puis à divers stages et permissions.

Quand il repart au combat, entre janvier et octobre 1918, on le trouve (dans un nouveau régiment dont le numéro n'est pas précisé) en Lorraine, en Champagne, en Ile de France et enfin, les derniers mois, à nouveau en Alsace où il retrouve les flancs de l'Hartmannswillerkopf, près desquels il avait commencé la guerre en 1914. Il ne participe pas alors à des batailles décisives : il semble que son régiment soit engagé dans des opérations de « routine », si l'on peut dire, car elles n'en sont pas moins meurtrières.

 


 

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