LES FIGURES DE STYLE

(fiche 3e)

© Nadia Pla

Cette fiche a pris comme point de départ une fiche d'Albine Novarino publiée dans le numéro de mars 2000 de la NRP (Nouvelle Revue Pédagogique), p.45-46, sous le titre "Figures de style"

 

 

Définition : on fait une figure de style quand, au lieu de parler de quelque chose d'une manière simple, on l'exprime d'une manière particulière, pour produire un effet sur le lecteur ou l'auditeur.

 

Chaque série suivante est une série d'exemples pour une figure de style.

Observez-les bien, puis pour chaque série, complétez les phrases suivantes : « Cette figure de style consiste à . . . » et éventuellement « Cette figure de style s'appelle . . . » (ne complétez cette deuxième phrase que si vous connaissez la réponse; les noms des figures de style figurent tout en bas de la fiche)

 

Séries 1 et 2 : Ces figures de style font jouer les sons des mots.

Série 1 :

- Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? (Racine, Andromaque V 5)
- Il est des parfums frais comme des chairs d'enfant. (Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Correspondances »)
- Une pomme pose [É], comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz. (Jaques Prévert, Paroles, « Promenade de Picasso »)

Série 2 :

- Il pleure dans mon cÏur comme il pleut sur la ville. (Verlaine, Romances sans paroles)
- Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire. (Racine, Phèdre)
 

Séries 3 à 7 : Ces figures de styles relient différents mots entre eux d'une certaine manière.

Série 3 :

- Tous pour un, un pour tous. (devise des Mousquetaires dans Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas)
- Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. (Molière, L'Avare, III 1)
- Je jouais avec Juliette ; avec Alissa, je causais. (André Gide, La porte étroite)
- Valse mélancolique et langoureux vertige. (Baudelaire, Les Fleurs du mal)

Série 4 :

- A l'époque dont nous parlons, il régnait dans les villes une puanteur à peine imaginable pour les modernes que nous sommes. [É] Les rivières puaient, les places puaient, les églises puaient, cela puait sous les ponts et dans les palais. Le paysan puait comme le prêtre, le compagnon tout comme l'épouse de son maître artisan, la noblesse puait du haut jusqu'en bas, et le roi lui-même puait, il puait comme un fauve, et la reine comme une vieille chèvre, été comme hiver. (Süskind, Le Parfum)
- Il eut des rapports continus avec des ministres, des concierges, des généraux, des agents de police, des princes, des souteneurs, des courtisanes, des ambassadeurs, des évêques, des proxénètes, des rastaquouères, des hommes du monde, des grecs, des cochers de fiacre, des garçons de café, et bien d'autresÉ (Maupassant, Bel-Ami)

Série 5 :

- Rome, l'unique objet de mon ressentiment,
Rome à qui vient ton bras d'immoler mon amant,
Rome qui t'a vu naître et que ton cÏur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore ! (Corneille, Horace IV 6)

Série 6 :

- Paris est tout petit, c'est là sa vraie grandeur. (Jaques Prévert)
- Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand (Victor Hugo, La légende des siècles, « Booz endormi »)
- Mes nuits sont plus belles que vos jours. (titre d'un roman de Raphaëlle Billetdoux)

Série 7 :

- Elle se hâte avec lenteur. (Jean de La Fontaine, Fables, « Le lièvre et la tortue »)
- Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. (Corneille, Le Cid)
- Le soleil noir de la mélancolie. (Gérard de Nerval, Les Chimères, « El Desdichado »)

 

Séries 8 à 15 : Ces figures de style expriment une chose d'une manière détournée.

Série 8 :

- Sa conversation était plate comme un trottoir de rue. (Gustave Flaubert, Mme Bovary)
- La masse énorme de l'opéra semblait un bloc de cuivre. (Emile Zola, Une page d'amour)
- Peu après, la reine eut une petite fille qui était aussi blanche que la neige, aussi rouge que le sang et aussi noire de cheveux que l'ébène, et que pour cette raison on appela Blancheneige. (Grimm, Contes, « Blancheneige »)
- Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cÏur. (Racine, Phèdre)
- [É] un silence pareil à un plat de nouilles froides et sans sel. (Shan Sa, La joueuse de go)
- Les idées crépitaient dans son cerveau comme du pop-corn dans un micro-ondes. (Eoin Colfer, Artémis Fowl)

Série 9 :

- Tes yeux sont un océan où je voudrais me noyer.
- Bergère ô Tour Eiffel, le troupeau des ponts bêle ce matin (Apollinaire, Alcools, « Zone »)
- [Elle se demandait]
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles. (Victor Hugo, La légende des siècles, « Booz endormi »)
- Plus loin le linge blanc avait neigé à terre, on butait contre des banquises de serviettes, on marchait sur les flocons légers des mouchoirs. (Emile Zola, Au bonheur des dames)

Série 10 :

- C'est un trou de verdure où chante une rivière. (Rimbaud, Poésies, « Le dormeur du val »)
- Le soleil aussi attendait Chloé, mais lui pouvait s'amuser à faire des ombres. (Boris Vian, L'Ecume des jours)

Série 11 :

- Nous avons bu une bonne bouteille.
- Ce Picasso est magnifique.
- Les Bleus ont remporté le match.
- Vous gagnez le bonheur, si vous perdez le trône. (Victor Hugo, Hernani)

Série12 :

- Les habitants du royaume de Neptune nageaient mollement parmi les ondes.
- Après ce voyage en avion, je suis bien rassuré de retrouver le plancher des vaches.

Série 13 :

- Monsieur je viens vous avertir qu'il ne fait pas bon ici pour vous. (Molière, Dom Juan)
- L'homme titubait : « vous avez bu » déclara l'hôtelier.
- La disparition de cet écrivain nous a beaucoup émus.

Série 14 :

- Va, je ne te hais point. (Corneille, Le Cid)

Série 15 :

- Raoul se pencha vers Cunégonde et lui murmura tendrement : « Tu es la plus belle fille du monde. »
- Ce problème est impossible à résoudre : c'est à se casser la tête contre les murs.
- Le seul bruit de son nom renverse les murailles,
Défait les escadrons et gagne les batailles. (Corneille, Le Cid)
- Sous la pression d'une horreur et d'une terreur inexplicables, pour lesquelles le langage de l'humanité n'a pas d'expression suffisamment énergique, je sentis les pulsations de mon cÏur s'arrêter. (E. Poe, Ligeia)


Allitération Anaphore Antithèse Assonance Chiasme Comparaison Enumération Euphémisme Hyperbole Litote Métaphore Métonymie Oxymore Périphrase Personnification


Si vous êtes professeur et que vous désirez ce document en format Word ou que vous hésitez sur les réponses, vous pouvez m'écrire (adresse de messagerie en bas de la page).

 


Retour au sommaire "Coin des lettres"

 

N'hésitez pas à m'écrire pour toute question ou suggestion:

np.pla@wanadoo.fr