Dimanche 16 septembre 2008 – Nouan – colloque de l'ARELAP – conférence de Nadia Pla

 

 

L'Afrique de Pline l'Ancien

 

 

 

Passages de l'Histoire naturelle Pline l'Ancien évoqués dans cette conférence:

-         V, 1 à 8: l'Afrique du Nord

-         V, 10: le Nil

-         VI, 33 à 36: l'Ethiopie

 

Pour les noms géographiques cités dans cette conférence,

vous pouvez vous reporter aux cartes suivantes :

https://imagesperduesdemonsite.blogspot.fr/2017/07/cartes-anciennes-de-lafrique.html

 

 

I. Introduction

 

1)      L'Afrique des Anciens

 

L'Afrique est appelée « Libye » par les Grecs et « Afrique » (« Africa ») par les Romains. Dans un cas comme dans l'autre, le terme ne désigne en général que ce que nous appelons l'Afrique du Nord.

En effet, tout le centre et le sud de l'Afrique est inconnu des Anciens.

Quant à l'Afrique de l'Est, elle est en général traitée dans les ouvrages géographiques sous les catégories « Egypte » et « Ethiopie ». L'« Ethiopie » des anciens correspond surtout au Soudan actuel, ainsi qu'à l'Ethiopie et à l'Erythrée.

Mais chez Pline et chez d'autres auteurs, l'Ethiopie désigne aussi tout le reste du continent africain et rejoint à l'ouest la Mauritanie.

 

 

2)      L'Afrique de Pline l'Ancien

 

Pline l'Ancien est un auteur latin né en 23 et mort en 79 ap. JC.

Tout ce que Pline dit sur l'Afrique peut difficilement être coupé de ce qu'en ont dit les autres auteurs latins et grecs (ils s'inspirent les uns des autres ou se contredisent). Ma conférence sera donc en quelque sorte coupée de son contexte, car ce que dit Pline sur l'Afrique n'a de sens que par rapport à ce qu'en ont dit les auteurs précédents (et aussi par rapport à ce que lui-même dit des autres contrées). Ce sera donc moins une conférence savante qu'une petite balade gourmande dans son texte.

 

L'œuvre de Pline l'Ancien contient essentiellement deux passages consacrés à l'Afrique, dans le livre V sur l'Afrique du Nord et dans le livre VI sur l'Ethiopie.

J'écarte volontairement l'Egypte, d'abord parce que c'est un pays si riche culturellement à l'époque de Pline qu'il faudrait y consacrer une conférence entière, ensuite parce qu'elle est beaucoup mieux connue des Romains et qu'il m'a paru plus intéressant de se pencher sur ce qui était moins connu (d'ailleurs, pour la même raison, je ne m'attarderai pas sur Carthage).

 

 

 

 

3)      L'état des connaissances des Romains sur l'Afrique à l'époque de Pline

 

Elle a été longtemps mal connue et beaucoup de légendes circulent.

Beaucoup d'expéditions ont eu lieu dans le siècle précédant Pline (et dans le suivant). On trouve dans son ouvrage des traces des résultats de ces expéditions (y compris très récentes, ce qui est précieux pour nous).

Toutefois on trouve aussi des légendes rapportées telles quelles comme des faits avérés, mêlées à des critiques virulentes d'autres légendes jugées irrationnelles. C'est en cela que son texte est intéressant: c'est le miroir d'un moment où les connaissances sur l'Afrique oscillent entre légende et science.

 

 

4)      Deux merveilles géographiques: l'Atlas et le Nil

 

On trouve beaucoup d'évocations chez Pline et chez les autres auteurs de cette montagne et de ce fleuve. De plus, plusieurs expéditions romaines viennent d'avoir lieu, d'une part pour atteindre les sommets de l'Atlas, d'autre part pour atteindre les sources du Nil.

D'ailleurs ces deux merveilles sont reliées, car de nombreux auteurs  pensaient que le Nil prenait sa source dans l'Atlas ; ce n'était pas le cas de Pline, mais il pensait tout de même que la source du Nil était dans une montagne de « Mauritanie » (qui ne correspond pas à la Mauritanie actuelle, mais plutôt au Maroc).

 

 

 

II. L'Afrique du Nord et sa merveille: l'Atlas

 

1)      Quelques passages marquants sur l'Afrique du Nord

 

a) Légendes

 

Hercule est très présent. Pline ne fait qu'une vague allusion à sa relation avec l'Atlas, sans faire le lien avec le géant Atlas, peut-être parce que cela était évident. En revanche, il s'étend sur le passage d'Hercule à Lixos. Lixos est une ville de la côte ouest, non loin de l'emplacement actuel de la ville de Rabat au Maroc.

« A 32000 pas de cette dernière ville est Lixos, dont l'empereur Claude a fait une colonie, et qui a été pour les anciens l'objet des récits peut-être les plus fabuleux: là fut le palais d'Antée et son combat avec Hercule; là furent les jardins des Hespérides. La mer se répand en un estuaire à trajets sinueux; aujourd'hui on explique le dragon et sa garde par cette disposition des lieux. Dans cet estuaire est une île qui, bien qu'un peu plus bas que le reste du terrain avoisinant, n'est pas cependant inondée à la marée montante; on y voit un autel d'Hercule, et du célèbre bois qui produisait des pommes d'or il ne reste que des oliviers sauvages. » (V, 1)

L'esprit critique de Pline se manifeste dans cet exposé.

 

Pline signale plus loin une autre localisation du jardin des Hespérides, à Bérénice, à l'ouest du Golfe de la grande Syrte, non loin de l'emplacement actuel de la ville de Benghazi en Libye (V, 5).

 

C'est aussi dans le Golfe de la grande Syrte, au fond, qu'il situe les Lotophages, simplement évoqués, sans critique, cette fois (V, 4).

 

Mais quand Pline évoque l'intérieur de l'Afrique, au sud du désert du Sahara, c'est-à-dire une zone absolument pas explorée par les Romains, il nous balance pêle-mêle et sans le moindre commentaire critique tous les on-dit qu'il a recueillis, mêlant des remarques ethnographiques vraisemblables (« Les Garamantes ne contractent point de mariage et les femmes sont communes. Les Augyles n'honorent que les dieux infernaux. » V, 8) à un catalogue des monstruosités les plus incongrues ( « On rapporte que les Blemmyes sont sans tête, et qu'ils ont la bouche et les yeux fixés à la poitrine. » «  Les Himantopodes ont pour pieds des espèces de courroies, avec lesquelles ils avancent en serpentant. » V, 8).

 

b) Expéditions

 

-         Le fameux périple du Carthaginois Hannon le long de la côte ouest est juste évoqué à cette occasion, mais Pline y reviendra à propos de l'Ethiopie, montrant ainsi que c'est le même continent.

-         Il évoque une expédition du fameux historien grec Polybe, également le long de la côte ouest, et qui n'est connue que par cette évocation de Pline.

-         En 20 av. JC, le proconsul d'Afrique Cornelius Balbus mène une expédition en Phazanie, c'est-à-dire dans le Fezzan, région du sud de l'actuelle Libye, où il soumet le peuple des Garamantes. De retour à Rome, lors de son triomphe, il fait défiler les pancartes portant les noms et les images des nations, des villes, des montagnes et des fleuves qu'il a conquis.

-         A l'époque de l'empereur Claude, plusieurs expéditions menées par des commandants militaires ou des gouverneurs poussèrent vraisemblablement jusqu'à l'Atlas.

-         En 41 et 42 ap. JC, enfin, le général romain Suétonius Paulinus est le premier Romain à atteindre officiellement l'Atlas et à le dépasser.

 

c) Réflexion de Pline

 

Pour finir, une petite réflexion de Pline:

A propos de chevaliers romains qui auraient déclarés faussement avoir atteint les régions proches de l'Atlas: « Jamais l'erreur n'est admise plus facilement que quand une fausseté est garantie par une autorité grave. » Réflexion à méditer...

Mais Pline poursuit: « Au reste, je ne m'étonne pas qu'il y ait des choses ignorées des chevaliers, fussent-ils faits sénateurs; mais ce qui m'étonne, c'est qu'il y en ait d'ignorées du luxe, dont l'impulsion est si puissante, et au profit duquel on fouille les forêts pour trouver de l'ivoire et du thuia, et tous les rochers de la Gétulie pour chercher des murex et des pourpres. » (V, 1). Je répondrais volontiers à Pline que, tout à sa saine naïveté de savant désirant dévoiler les connaissances, il a juste oublié que ceux qui recherchent, comme il dit, le luxe, et non la connaissance, ont tout intérêt à garder secrètes leurs découvertes géographiques ; nous savons que ce fut en effet le cas de nombreux marchands romains (et d'autres civilisations, d'ailleurs).

 

 

2)      L'Atlas

 

Deux longs passages:

 

« ... le mont Atlas, le plus fabuleux de l'Afrique. C'est du milieu des sables, dit-on, qu'il s'élève vers les cieux, âpre et nu du côté de l'Océan auquel il a donné son nom, mais plein d'ombrages, couvert de bois et arrosé de sources jaillissantes, du côté qui regarde l'Afrique, fertile en fruits de toute espèce, qui y naissent spontanément, et peuvent rassasier tout désir. Pendant le jour on ne voit aucun habitant; tout y garde un silence profond, semblable au silence redoutable des déserts. Une crainte religieuse saisit les coeurs quand on s'en approche, surtout à l'aspect de ce sommet élevé au-dessus des nuages, et qui semble voisin du cercle lunaire. Mais la nuit il reluit de feux innombrables; les Aegipans et les Satyres le remplissent de leur allégresse; il retentit des accords des flûtes doubles et des flûtes de Pan, du bruit des tambours et des cymbales. C'est ce que des auteurs renommés ont raconté, sans parler des travaux qu'Hercule et Persée y ont accomplis. Pour arriver à ce mont, l'espace est immense et inconnu. » (V, 1)

 

C'est la description d'un lieu paradisiaque, empli de mystère, coupé du monde, et offrant un cadre de choix aux légendes grecques.

 

Le deuxième passage est écrit d'après Suétonius Paulinus, le général romain dont nous avons évoqué l'expédition en 41 et 42 ap. JC, et d'après le roi Juba de Mauritanie, qui était aussi un érudit.

 

« Suetonius Paulinus, que nous avons vu consul, est le premier des généraux romains qui ait dépassé l'Atlas de quelques milliers de pas: il a parlé comme les autres de la hauteur de cette montagne; il a ajouté que le pied en est rempli de forêts épaisses et profondes que forme une espèce d'arbres inconnus: la hauteur de ces arbres est remarquable; le tronc sans noeuds est brillant; le feuillage est semblable à celui du cyprès; il exhale une odeur forte, et est revêtu d'un léger duvet avec lequel, par le travail de l'art, on pourrait faire des étoffes comme avec la soie. Le sommet de la montagne est couvert, même en été, de neiges épaisses. [...] Le père de Ptolémée, Juba, qui le premier régna sur l'une et l'autre Mauritanie, et qui est encore plus célèbre pour ses travaux littéraires que pour sa royauté, a donné les mêmes détails sur l'Atlas. Il ajoute qu'il y naît une herbe appelée euphorbe, du nom de son médecin, qui en fit la découverte; il donne des louanges merveilleuses au suc laiteux de cette plante comme propre à éclaircir la vue, et à combattre la morsure des serpents et toute espèce de venin. Il a consacré un volume particulier à ce sujet. En voilà assez et trop sur l'Atlas. » (V, 1)

 

Comme dans le premier passage, l'Atlas apparaît coupé du monde et comme un lieu paradisiaque, mais la tonalité légendaire a cédé le pas à une description naturaliste précise.

Un détail: le roi Ptolémée dont il est question porte ce nom, qui évoque plus l'Egypte que la Mauritanie, car sa mère (la femme de Juba, donc) était la fille d'Antoine et de Cléopâtre.

Enfin, la conclusion de Pline prête à sourire: par ce petit « trop », on sent qu'il s'est laissé subjugué par ce sujet!

 

 

 

 III. L'Ethiopie et sa merveille: les sources du Nil

 

1)      Quelques passages marquants sur l'Ethiopie

 

a) Légendes


La encore, nous avons un catalogue de monstres (« des peuples sans nez, dont toute la face est plane, d'autres sans lèvre supérieure, d'autres sans langue », etc. VI, 35), au milieu duquel émerge parfois une explication rationnelle : « les Nisites, mot qui signifie homme à trois et quatre yeux ; non qu'ils soient ainsi conformés, mais parce qu'ils excellent à lancer des flèches. » (VI, 35) ou qui s'en approche: « les Ptoemphanes qui ont un chien pour roi... » (à première vue, voilà qui semble bien invraisemblable!) « ...et qui jugent de ses ordres d'après ses mouvements. » (V, 35) (que faisaient d'autre les Romains en remettant d'importantes décisions politiques à l'interprétation du vol des oiseaux?). Et parfois, nous découvrons aussi dans ce catalogue des éléments que nous savons aujourd'hui exacts, ainsi la consommation des sauterelles (« Une partie des Ethiopiens ne vivent que de sauterelles fumées et salées, dont ils font provision pour l'année. » V, 35) ou le maquillage corporel de certaines tribus africaines (« les Hipporéens, d'une couleur noire et se mettant sur tout le corps une couche de rouge. » V, 35).


b) Expéditions


-         A l'époque d'Auguste, une expédition menée par P. Pétronius, chevalier et préfet de l'Egypte, dépasse l'une des catarcates du Nil et atteint la ville éthiopienne de Napata (aujourd'hui au nord du Soudan), qu'elle saccage.


-         L'empereur Néron, en 66 ap. JC, quelques années à peine avant que Pline n'écrive ces lignes, a envoyé une expédition de reconnaissance:

« Toujours est-il que des soldats prétoriens, envoyés avec un tribun militaire, ont, dans ces derniers temps, annoncé n'avoir trouvé que des déserts, à l'empereur Néron qui, entre autres guerres, songeait à une expédition en Ethiopie. »

Pline conclut plus loin:

« Mais toute discussion à ce sujet vient d'être terminée: les explorateurs envoyé par Néron ont rapporté que de Syène à Méroé il y avait 873000 pas... ». Pline poursuit l'énumération des distances de ville à ville, évoque l'apparition de perroquets et de singes. Enfin: « Autour de Méroé les herbes commencèrent à devenir plus vertes, et l'on aperçut quelque peu de forêt, et des traces de rhinocéros et d'éléphants. » (V, 35).

Or, l'emplacement de Méroé est actuellement bien en deçà de la fin du désert : un indice parmi d'autres qui nous prouve que le Sahara a progressé depuis l'époque de Pline.


c) Science

 

Pline nous apprend qu'à Bérénice, ville située au bord de la Mer Rouge (au sud de l'Egypte actuelle), l'ombre disparaît à midi le jour du solstice d'été, et qu'à Ptolémaïs, aussi au bord de la Mer Rouge, mais plus au sud, le phénomène se produit également pendant les quarante-cinq jours qui précèdent et les quarante-cinq jours qui suivent le solstice d'été.

C'est aussi à Ptolémaïs que Pline situe la célèbre expérience du savant grec Eratosthène (en réalité, il semble que cette expérience ait plutôt eu lieu à Syène, sur le Nil (aujourd'hui Assouan en Egypte)) qui mesura le méridien terrestre en comparant la longueur des ombres obtenues le même jour en ce lieu et à Alexandrie. L'enthousiasme de Pline est palpable: « Ptolémaïs: grand exemple! Lieu témoin d'un prodige de l'esprit humain! Là la mesure du monde a été trouvée; car, en partant du calcul incontestable des ombres, Eratosthène a pu indiquer la dimension de la terre. » (VI, 34).

 

d) Le continent éthiopien

 

Comme je l'ai évoqué en introduction, même si le terme « Ethiopie » recouvre le plus souvent chez les auteurs grecs et latins l'Afrique de l'est, ce terme s'applique aussi parfois au sud et à l'ouest, se rapprochant finalement, toutes proportions gardées, de ce que nous appelons le continent africain.

« L'Ethiopie est orientée du levant d'hiver au couchant d'hiver; la partie qui est au midi a de vastes forêts où l'ébène domine; dans son milieu, une haute montagne, penchée sur la mer, brûle de feux éternels; les Grecs l'ont appelée Théon ochéma (Char des dieux). De là, en quatre jours de navigation, on arrive au promontoire nommé Hesperion ceras (Corne occidentale), touchant à l'Afrique, près des Ethiopiens hespériens. » (VI, 35)

Pline cite aussi un passage plus explicite de Juba: « Juba prétend qu'au promontoire Mossylique [Je suppose sans avoir pu trouver confirmation qu'il s'agit de ce que nous appelons la Corne de l'Afrique, plus précisément le Cap Guardafui en Somalie] commence la mer Atlantique, et qu'à l'aide du Corus [vent du coucher d'été] on irait, longeant son royaume de Mauritanie, jusqu'à Cadix. »


Enfin, Pline termine son chapitre sur l'Ethiopie par son côté oriental en développant plus longuement que dans son chapitre sur l'Afrique un récit du périple d'Hannon:

« On cite encore en face de ce promontoire les îles Gorgades, jadis le séjour des Gorgones, à deux jours de navigation du continent, ainsi que le rapporte Xénophon de Lampsaque. Hannon, général des Carthaginois, y a pénétré, et il a rapporté que les femmes avaient le corps velu, que les hommes s'échappèrent par la rapidité de leur course; et il consacra dans le temple de Junon, en témoignage de son expédition et comme curiosité, les peaux de deux Gorgones, qu'on y a vues jusqu'à la prise de Carthage. » (VI, 36).

C'est apparemment le retour de la légende avec les Gorgones, mais il semble que ces Gorgones puissent en fait être interprétées comme des gorilles.



2)      Les sources du Nil


Le passage concernant le Nil se trouve en V, 10.

Pline rapporte l'opinion de Juba selon laquelle le Nil prendrait sa source dans une montagne de Mauritanie inférieure, non loin de l'Océan. Ce qui est logique si l'on suit la représentation de certains auteurs comme Hérodote (cf. la carte d'après Hérodote).

 

Nous avons parlé plus haut de l'expédition envoyée par Néron en 66 ap. JC. Nous savons par d'autres sources que son but était de découvrir les sources du Nil, mais Pline n'évoque même pas ce but. D'autres expéditions romaines auront lieu dans les années qui suivent la mort de Pline, mais il n'a naturellement pas pu en parler!

 

Ce qui frappe plutôt dans son passage consacré au Nil, c'est la personnification de ce fleuve, expliquant par des sentiments de philanthropie sa disparition dans le Sahara!

Pline nous explique en effet qu'après la montagne de Mauritanie où il prend sa source, le Nil forme un lac, mais il devrait ensuite traverser un désert, alors « le fleuve s'indigne de couler à travers des lieux sablonneux et arides, et il se cache pendant un trajet de quelques jours de marche. » Suit une brève réapparition, puis: « Reçu de nouveau dans les sables, il se dérobe encore une fois dans des déserts de vingt journées de marche, jusqu'aux confins de l'Ethiopie; et lorsqu'il a reconnu derechef la présence de l'homme, il s'élance, sans doute jaillissant de cette source qu'on a nommée Nigris. » (V, 10).

 

Nous terminerons cette promenade par les derniers mots de Pline sur le Nil, une petite anecdote fraîche et réaliste. A propos d'Elephantis, au sud de l'Egypte, qui est la limite où les bateaux égyptiens ne peuvent plus naviguer, il précise: « C'est le rendez-vous des bateaux éthiopiens: ces bateaux se plient et on les porte sur les épaules pour franchir les cataractes. » (V, 10).

 

A notre tour de replier ce dossier et de quitter cette navigation aux côtés de Pline l'Ancien.

 





 

Retour à l'index

 

N'hésitez pas à m'écrire pour toute question ou suggestion:

np.pla@wanadoo.fr